01 février 2007

Retournerai-je a Midelt episode (1+2)


Retournerai-je à Midelt (épisode 1+2)

« Tu as de trop mauvaises notes, tu as raison, cette école n’est pas pour toi, nous allons y réfléchir avec ta mère, pour le moment profite des vacances »
Et bien voila ! contrat rempli, à la rentrée, j’irai a nouveau à Midelt, certes je referai sans doute connaissance avec la baguette de Driss, mais cette éventualité aussi bizarre que cela puisse paraître ne me dérangeait pas, sans doute avais- je aussi oublié le goût si particulier de son outil de motivation
J’avais promis, avant qu’on me le demande, que j’aurai de bonnes note comme pour convaincre encore plus mon père qu’il avait eu raison de ne pas me réinscrire à Mibladen.
De cet été là, il ne me reste pas de souvenir spécifique de ces vacances, sans doute y ai-je chassé le moineau, renforcé mon adresse au lance pierre, j’ai sûrement escaladé maintes et maintes fois la MIMOUNA. La petite colline se dressait fièrement seule au milieu de cet immense plateau qu’est le moyen atlas. Toute proche de la maison elle servait de sanctuaire aux marocains pour le Haït el Kabîr, des taches de sang témoignaient des sacrifices des moutons, j’y trouvais même des coquillages, on m’explique qu’il y a très très longtemps, la mer était à Midelt, pour moi la mer c’est Imsouane, Agadir ou Safi, je ne crus jamais cette histoire.

Cet été là, j’ai du faire souffrir quelques scorpions que j’attrapais sans appréhension avec un bambou fendu en deux. Je les envoyais sans aucune peine à la mort à la manière de César. Un cercle de feu, un combat singulier de gladiateurs apeurés et le vainqueur se suicidait.
J’avais une autre passion, une quête même, aussi forte et prenante que le graal pour les parfaits. Autour de la maison, je cherchais des hyènes sans jamais en voir une.
La nuit en rentrant du billard ou de chez quelques amis nous les voyions dans les phares des voitures, leurs yeux si particuliers brillaient, cet animal me hantait, non pas par la peur ancestrale que cet animal mythique dégageait, mais par son anonymat, son mystère.
Les marocains la diabolisaient. Malgré tout, je voulais en voir une, comme ça, pour savoir, pour connaître. De toute façon, le risque et l’inconsciente jeunesse faisaient partie de mon quotidien.
Je dévorais livres et dictionnaire pour trouver une photo de ce mythique animal.
Mais jamais je n’en vis pour de vrai, je doutais aussi de cette histoire de bête féroce capable d’attaquer et de tuer des chiens et des moutons.
La nuit aussi je traquais des gerboises, espèce de minuscule kangourou, et quand je ne voyais pas de gerboises, c’était aux moineaux à qui je m’en prenais. Une lampe électrique, ma carabine air comprimé, j’étais comme mon père l’a été, le grand chasseur du moyen atlas, mais lui avait combattu des sangliers avec un poignard comme seule arme, ou même des panthères, des articles de journaux et des photos de l’époque que je lus bien plus tard, me prouvaient qu’il ne me mentait pas.
La rentrée approchait sournoisement sans que je ne m’en aperçoive.
« Patrick, un match de foot ça te dit ? »
Tu parles si ça me dit. Mon père m’avait inculqué le virus, j’y connaissais rien mais je faisais semblant d’aimer, il parlait, je l’écoutais et j’aimais. C’était aussi simple que cela. Il en était comme cela pour toutes ses passions, foot, chasse, pêche, billard.
« A Casablanca il y a un match, le grand Reims contre Boca-junior champion d ‘Amérique du sud ». Tu te rends compte de l’événement ! Le grand Reims !
C’est en convois de plusieurs voitures, mais beaucoup de Peugeot 203, que les quelques 400 Km qui nous séparaient de ce nomment existant furent accomplis.
1 à 1 ce fut le résultat. Dans l’équipe de Reims 3 noms me reviennent en mémoire 45 ans plus tard, Barreau gardien de but, Piantoni et le grand Kopa, que je reverrai 20 ans plus tard à Reims et sur un terrain de foot.

26 commentaires:

lynn a dit…

Bonjour Patrick,

Dans tes récits, entre narration, personnages, intrigue, beaucoup de choses nous tiennent en haleine.

Le personnage a un double regard à la fois d'un enfant et d'adulte qui raconte avec cette « dualité » si riche toujours un retour en arrière , mais avec des fois un regard d"aujourd'hui' sur l'événement.
Une phrase entre plusieurs m'interpelle et sur laquelle je me permets de m'arrêter, avec ton accord bien sûr,: "...j’y trouvais même des coquillages, on m’explique qu’il y a très très longtemps, la mer était à Midelt, pour moi la mer c’est Imsouane, Agadir ou Safi, je ne crus jamais cette histoire".
Je me rappelle mes cours de SVT où quand on avait comme contrôle ce genre de question piège où notre cerveau refusait de s'avouer à l'évidence. Les découvertes géologiques sont très déroutantes:
" Cela ne peut être vrai !! L’océan dans un tel paysage, alors que maintenant, c'est un terrain aride".
Donc, cette phrase retient mon attention, et j'imagine aisément la réaction du personnage.

Excellente journée
Lynn
Ps: confidence pour confidence, tes textes, je passe les lire et il m'est très difficile de commenter aussi , je ne veux point toucher à la beauté du récit

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Merci beaucoup lynn de ton passage et tes commentaires
J’attends toujours l'un et l'autre à chaque spot
Que dire si ce n'est que tu me connais depuis si longtemps (même si jamais on ne s'est jamais rencontré)
Tu as deviné et tu ne peux savoir comme cela me plait
J’essaye en effet de repenser a ma jeunesse à la fois avec les yeux d'avant et l'esprit d'aujourd’hui et vis versa, l’exercice est périlleux et difficile, mais exaltant
Et ce qui m'encourage c'est que tu l'as deviné au travers des lectures
Bravo
Et encore merci

Claude a dit…

On a l'impression d'y être !...même pour le cri des hyénes ( j'ai connu ça à Djibouti dans ma jeunesse ...) alors, vivement la suite !...
Bonne soirée à toi
Claude

Delphinium a dit…

Bonjour, premier passage pour moi ici et j'aime votre récit, une plongée dans l'enfance, les jeux du petit garçon, sans peur, qui découvre, qui se questionne et qui se réjouit de ce que la vie lui offre. Nous devrions toujours nous souvenir de nous enfants, l'insousciance qui était la nôtre et qui nous faisait nous extasier sur la beauté du monde. Adulte, on s'empêche parfois de regarder avec les yeux d'un enfant, trop à nos contraintes et nos préjugés. Je reviendrai. A bientôt

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour claude
tant mieux si tu as entendu le cris des hyénes le soir,
merci de tes encouragements a continuer ,
a bientot sur ton merveilleux site
que je conseille a tous (adresse dans mes liens favoris "les photos de claude")

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour Delphinium

Bonjour delphinium
Merci beaucoup de ce passage et de ces commentaires, j'espère bien que vous allez revenir, vos remarques me touchent
Ah !si nous étions encore des gosses, on ose a peine y penser,
Quoi que parfois les gosses sont terribles !!!!!!!!!
A bientôt

Marie Christine a dit…

Bonjour Patrick et vous tous,

Merci d'être venu sur mon blog. A moi de découvrir le tien. Je vois que ta plume est très riche et que tu as beaucoup à exprimer. J'aime beaucoup ton regard entre deux notes de musique.

Je vais devenir une fidèle de tes lectures.

Très bonne journée à toi et à vous tous,

Marie Christine

sylea a dit…

Bonjour et merci d'être passé sur my blog et d'avoir laisser une com
Tiens je vois que Marie christine est là aussi! lol
Vive les citoyens du monde!
Oui moi aussi j'ai eteint les lumières! lol
Le sud maroc haaaaaaaaaaaaaaaaaa
Que c beau!
Je vais revenir car tu nous offre bcp de lecture! merci!
bises
sylvie

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour sylea
Merci de ton passage et de tes commentaires
Citoyens du monde, ou simple gamin au Maroc, la vie nous transporte ,essayons quand même tous d'être des citoyens, et de laisser une trace positive de notre bref passage, et surtout un fier héritage
Patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour marie Christine
Je ne peux que te remercier de ton com et ta visite
Merci aussi de bien vouloir être une nouvelle lectrice,
Je découvre aussi ton blog, il est dans mes "favoris"
a bientôt

Fr@n6 a dit…

Tout doucement je viens m'installer sur ton blog. bonne webplume continuation

fr@n6 de Papotage briard

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour fr@n6
Tu as raison, prends ton temps, il est indigeste mon blog
Reprendre les souvenirs d'un gamin, a l'envers puisque le spot que tu lis vient après les premiers épisodes.......bon enfin courage !!!!!!!!!!
Et si tu t'installes pour un nomment soit le bien venu chez toi
Patrick

Marie-Aude a dit…

Une très bonne soirée passée à lire ton blog... comme je te l'avais promis, enfin :) Et beaucoup de plaisir

lynn a dit…

Bonjour,

Patrick> Je te remercie pour ton passage dans mon espace.
Je tiens à te remercier pour la présence de mon lien sur la liste de tes liens permanents.
Excellente journée
Lynn

arielle a dit…

sympa à lire ton histoire
bonne soirée
arielle

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour marie Aude
Tu me vois enchanté si j'ai modestement participé à ta bonne soirée
J’espère encore longtemps trouver les mots pour te retenir
A bientôt
Patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour lynn
de rien,ton site merite qu'on s'y rende
a bientot
patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour arielle

merci de ton passage, je tenterai de te retenir si mes histoires te plaisent
a bientot

Cergie a dit…

Ton récit me rappelle de très bons souvenirs car j'ai eu la chance de vivre deux ans au Maroc et même d'en être revenue avec ma fille aînée
Cette merveilleuse vie de liberté pour un enfant !

Les hyènes me font penser aux boas que mes frères voyaient trverser la route quand je n'étais pas dans la voiture (on habitait alors dans ubne réserve forestière en cote d'ivoire) et que moi je n'ai jamais vus

Toi au moins tu leur a vu briller les yeux de tes hyènes
Tu les as vues

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour Cergie
Oui ces yeux je les vois encore, à la fois traumatisant mais tellement mystérieux
Merci de ton passage

vincent a dit…

Bonjour patrick.
je ne fais que commencer ton voyage à rebrousse années.
Super. Tu sais que s'il n'y a plus de hyènes à Midelt la région est infestée de ces grands chiens bergers retournés à la vie sauvage.
Ils sont efflanqués et attendent que les bus de touristes repartent des parkings de bord de route pour voir s'ils ne leur ont rien laissé à manger.
je comprend que tu ai le blues de cette région.
j'ai presque terminé mon "voyage au maroc" sur mon blog.
PS: j'aime ta façon de raconter la nostalgie.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour Vincent
Plus de hyènes a Midelt !!!!
, dommage elle vont manquer dans le paysage !!!!!!!
Es tu aller vers le paysannat cette ferme a 5 Km de Midelt, route de errachidia, de ce lieu que je parle
Je suis branché suer des blogs de Mideltis, il semble que la ville meure lentement
C’est vrai ?
A bientôt
Merci de ta visite, (je suis jaloux de toi, tu es a Midelt et pas moi)

Vincent a dit…

non non, je suis sur LYON. j'y suis passé. Pour les hyènes je l'ai lu dans une revue. les chiens sauvages je les ai vus à l'arrêt de notre bus.
Ne sois donc pas jaloux. dans un de mes messages je t'avais dit que je n'y avais que déjeuné.
Ce qui est réel, c'est que j'aime tout ce pays.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour vincent
merci de ton dernier commentaire
a bientot

Malaïka a dit…

Bonjour Patrick,

Quelle sens de la narration, du détail qui enrichit sans alourdir. J'aime cette écriture qui nous entraine dans le coeur du récit et l'on n'est pas étranger à ton récit. Bravo. Je ne suis pas sûre de commenter le reste, ne voulant pas rompre le charme de tes mots.

Amicalement

Malaïka

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour malaika
Deux messages ensembles quel plaisir
Serais tu entrain de relire ma modeste saga
Surtout ne t'arête pas et ne manque pas de me donner de tes nouvelles
Patrick