10 février 2007

Retournerai-je a MIdelt (episode 3)


L’été perdait pied lentement chaque jour, face aux coups de boutoir de l’automne. Au début, on ne voit pas trop le changement et peu à peu, l’été cède du terrain, l’automne vainqueur prend alors possession de son territoire et de la lumière.
Pour moi, c’était la saison de la chasse, de la pêche ……….et de l’école.
Pour la première fois, j’entendis parler d’indépendance du Maroc, cela faisait un an environ. Aux explications que je demandais, mon père me disait qu’il avait deux pays dans son cœur la France, qui pourtant ne lui avait rien offert de bien réjouissant, et l’autre le Maroc, une jeunesse fabuleuse d’aventurier comme il en avait rêvé le soir en France tout gamin à Méligny le Petit, des histoires de David Croket
Il m’expliqua que ce deuxième pays à présent était un pays indépendant, je ne compris rien à ses explications, si ce n’est que je vis dans ses yeux anormalement tristes comme une fin proche.
« Mais ne t’en fait pas ici on a besoin de moi »me dit-il, cela devait me rassurer.
Pourquoi m’avait-il dit cela. Bien sûr qu’ils en avaient besoin de mon papa, c’est lui qui à présent forme les ingénieurs agricoles du moyen atlas.
L’incertitude de ma rentrée me paralysait rien qu’à l’idée d’y penser.
Que vais-je devenir ?
Irais-je à Midelt ? Oui sûrement ! Pensais-je pour me rassurer en attendant les paroles réconfortantes de mon père.
J’avais perfidement abordé plusieurs fois le sujet avec lui, mais ses réponses qui n’en étaient pas m’angoissaient.
Pourtant, j’avais été un enfant exemplaire pendant toutes ces vacances, je faisais en sorte intelligemment de ne jamais fâcher ma mère, il était impossible de deviner ce qu’elle pensait, plus fermée qu’une huître, il fallait surtout accepter son joug, et son caractère dominateur. Je ferai ma révolution plus tard, plus tard quand je serai fort.
Je n’ai jamais loupé de sieste, j’ai rangé ma chambre tous les jours, les dents de devant se souviennent encore des furieux coups de brosse matinal.
J’acceptais non sans angoisse parfois de ne pas les accompagner à la chasse, ce jour-là était alors pour moi une terrible attente.
Attente du soir pour savoir si les cartouches avaient bien « pété ».
Attente d’un « merci fiston ».
Attente du tableau de chasse, et des exploits de Toto, mon chien, mon idole, c’était un peu de moi qui avais profité de cette chasse.
J’allais être récompensé pour tous ces actes de soumission, c’est sûr, il ne pouvait en être autrement après tout ce que je venais lâchement d’accepter.

23 commentaires:

Anonyme a dit…

merci d'être passé chez moi Patrick
Passe également un bon dimanche
Amitié Mortarde
jm

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour jm
temps magnifique ce dimanche pour une belle ballade
bonne semaine
patrick

Marie Christine a dit…

Bonjour Patrick et vous tous,

J'aime bien ta plume. Elle est douce et magique. Te lire est un plaisir en ce lundi matin.

Je te souhaite une bonne journée ainsi qu'à vous tous,

Marie Christine

Anonyme a dit…

Bonjour,

Il est vrai qu'il est bon de s'échapper un peu le lundi matin. Le plus surprennant réside vraiment dans cette capacité que vous avez à vous remémorer aussi précisément votre passé !
Continuez de nous régaler...

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour marie Christine
Merci de tes mots si gentils
Je suis heureux si j’ai pu égayer ce lundi matin pluvieux, et te procurer modestement un bon nomment de lecture
patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour anonyme
En premier tu peux me tutoyer
Ensuite qui es tu anonyme ? Complètement anonyme, ou bien un peu anonyme ?si tu souhaites continuer à m’envoyer des commentaires et je le souhaite, prends un pseudo par exemple,
Quand a ma capacité à me remémorer ma jeunesse, elle en étonne plus d’un.
Je n’invente rien tout est vrai,
Il se passe quelque chose de bizarre, j’ai un jour écris un premier spot (quand je serai grand je ferai berbère), puis un second (demain on va a la zaouïa), il semble que au fur et a mesure de l’écriture tout me reviens
C’est dur à expliquer, plus j’écris plus mon enfance resurgit, jusqu’aux odeurs parfois
Merci beaucoup de ton passage
A bientôt

Claude a dit…

Tu imagines les reliefs de ta jeunesse avec une bonne 500 XT pour parcourir les chemins ?!...

Bonne semaine à toi

Claude

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

BONJOUR CLAUDE
C4EST SUR SI 4AVAIS EU UNE MOTO AU MAROC?J4AURAI PARCOURU TOUS LES CHEMEINS DES ENVIRONS
MERCI DE CE REVE
PATRICK

Takkou a dit…

Salut Patrick, alors j'ai tant de choses à te dire et je ne sais vraiment pas par quoi commencer. On peut toujours commencer par le commencement comme disent tes chers compatriotes. Primo j'apprecie enormement tes passages sur mon blog. Cela me rejouis de savoir qu'un ami (je peux te considerer comme un ami n'est ce pas?) est venu me rendre visite. Secondo, ton dernier poste est vraiment tres emouvant. C'est un temoignage vrai qui, avec peu de mots sinceres, illustre parfaitement le sentiment de "dechirure" qui a completement boulversé et destabilisé aussi bien "les français" nés ou ayant vecu la majorite de leur vie dans l'un des pays du Magreb, que les propres "indigenes" qui se sont habitué à des voisins, à des amis voire même à des parents de qui ils devaient se separer du jour au lendemain... Il ya un film tunisien titré "Un été à la Goulette" du cineaste tunisien Ferid Boughdir qui a abordé ce theme avec beaucoup de sensibilite et de poesie. Certe il ne parle pas du Maroc mais je te recommende de le voir (Si tu n'arrives pas à le trouver, fais-moi signe et donnes moi ton adresse postale je t'enverai une copie d'ici).
Tercio, cocernant le moyen de mettre une photo en arriere plan du blog je t'ecrirai un email cette apres midi ou demain au plus tard et je t'expliquerai etape par etape comment faire. Pour m'aider j'aurais besoin que tu me donne le nom du model que tu utilise pour ton blog. Allez, je te laisse et à tout à l'heure.
P.S : Continues à evoquer cette periode de ta vie elle est vraiment interressante.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour mon ami takkou
Merci de tes très belles lignes, elles me vont droit au cœur et au corps
Tes mots sont justes et il n’y a rien à ajouter
Je vais essayer de trouver le film que tu recommandes, sait tu s’il existe en France ?
Oui je crois que les français du Maroc et de Tunisie étaient frères avec les tunisiens et marocains
Il est quand même logique que vos pays aient pu obtenir leur indépendance, a nous maintenant de garder ces liens si forts de la terre, et du coeur
A bientôt
Techniquement je ne peux te répondre sur le modèle dis moi en plus

Marie Christine a dit…

Bonjour Patrick et vous tous,

Un bisou en passant sur la toile. Très bonne journée à tous
Marie Christine

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour marie christine
merci de ton bisou et de ton passage
a bientot

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

re-moi marie christine
es tu ok pour le lien que je viens d'installer de mon blog vers le tiens
frere de blog?

lynn a dit…

Bonjour,
Patrick> Merci encore pour ce passage.
Cette narration d'un passé/présent et d'un présent/passé: "techniquement», je sais que ce n'est pas toujours évident de faire suivre l'intrigue. Cela donne une autre contrainte et non pas des moindre à l’auteur.
Tu as réussi ton pari.
Je te remercie pour le partage.
Bonne journée
Lynn

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour lynn
j'aime croire en ton regard sur mes textes, tu me dirai la verité dis si tu n'aimais pas ou n'aimes pas un jour?
a bientot
patrick

lynn a dit…

Coucou Patrick,

Ne t'inquiète pas, je dis toujours ce que je pense et donc quand un texte ne me plaît , je le dis .
Certes, mais avec beaucoup de délicatesse.

Ecrire aussi nous amène à un rapport particulier avec le texte,et surtout ce regard que peut porter un lecteur sur notre écrit.
Quelque soit ce regard: "taxé de positif , négatif", il apporte toujours un plus.
Lynn

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour lynn et merci de ton re-passage
Pour des écrivains amateur du moins pour moi, on a toujours besoin d’un avis extérieur de confiance, plusieurs avis même c’est mieux
Parce que tout simplement, je suis et nous sommes des amateurs et nous avons besoin de connaître le ressenti de nos écris
Un professionnel est vite convaincu ou pas de son talent uniquement par les ventes qu’il réalise
Nous notre compteur c’est faire confiance à quelques personnes
Pour moi tu fais partie de ces personnes alors merci de tes commentaires ils seront reçu comme constructifs, notamment sur les spots "souvenirs"
A bientôt
Patrick

elgreco a dit…

quel joli voyage

dans le temps
dans la plume
sur le clavier

Bravo

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour elgreco
Merci beaucoup de ces quelques mots bien ajustés, et qui s"en façon me font énormément plaisirs, et me touchent, et la suite arrive
A bientôt
Patrick

Cergie a dit…

Je n'ai pas encore saisi quel âge tu avais à l'époque de ces souvenirs...
Un point commun entre nous : mon mari a été coopérant militaire (enseignant) à l'institut agronomique et vétérinaire Hassan II à Rabat et je l'ai accompagné pendant 2 ans Notre fille est née à Salé dix jours avant que je prenne l'avion pour rentrer définitivement en France avec elle. Un beau souvenir, non ? Au milieu de tous ceux que j'ai engrangés

Mon père était ingénieur agronome. Mon mari est ingénieur agronome. Mon plus jeune fils termine cette année sa scolarité... d'ingénieur agronome !

L'hiver était une belle saison pour moi au Maroc
J'aimais particulièrement le printemps quand le désert est en fleur
J'aime comme le petit garçon essayait de faire de son mieux pour dominer un peu le destin
Cela se rapproche un peu de mon message d'aujourd'hui, non ?

Mon toto à moi s'appelait nadia et elle avait la peau du ventre toute douce

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour cergie
J’avais entre 6 et 10 ans
Avant je me souviens plus vaguement de Marrakech ou je suis né, et des autres villes avant d'arriver à Midelt
Et la vie fut si intense que les souvenirs se sont ancrés comme pour revivre aujourd'hui
Les marocains diraient de nous en lisant ton com "vous estes cousins tous les deux ?"
Tant mieux si le Maroc évoque pour toi ta fille et de merveilleux moment
Ne l'oubli pas
A bientôt

Malaïka a dit…

C'est la plume d'un écrivain.

Je te cite "L’été perdait pied lentement chaque jour, face aux coups de boutoir de l’automne. Au début, on ne voit pas trop le changement et peu à peu, l’été cède du terrain, l’automne vainqueur prend alors possession de son territoire et de la lumière."
Quelle beauté, quelle magnifique manière de parler du changement de saison.
La précision des mots m'impressionne.
Bravo !

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour Malaika
et moi que dire de la gentillesse de tes mots
je voudrai bien croire que c'est de la plume d'ecrivains, certes sans doute certains passages,mais un ecrivait et "divin" sur des centaines de pages
merci de ton passage
patrick