09 mars 2007

Retournerai-je a Midelt (episode 7)


« Elle est moche et pas belle cette école » ! !!!!
D’ailleurs, plus aucun souvenir de cette période, encéphalogramme plat, même pas l’espoir d’une secousse, si ce n’est quelques flashs qui me traversent comme une douleur, exhumer ces souvenirs encore béants n’arrangerait rien à la guérison.
Le premier soir, je vis bien que certains quittaient l’école, j’allais voir Huguette la pionne et lui demandais qui étaient ces gamins heureux qui nous abandonnaient en fuyant lâchement l’école.
« Ce sont les demis pensionnaires »
« Les demis pensionnaires !!» m’étonnais-je, c’est quoi un demi pensionnaire ?
« Ben …... ce sont les élèves qui rentrent chez eux le soir »
Ainsi il y avait possibilité de sortir le soir, même à moitié cela m’intéresserait, sûrement devais-je encombrer les Dolivet, ou pire, il n’en avait jamais été question.
Des nuits de cafard seul à pleurer, je n’ai même pas de souvenir de classe si ce n’est mes deux amis, Patrick d’Espagne et Michelle Marin, la bande des trois, mais comme si cela ne suffisait pas à ma peine, ils étaient demis pensionnaires, j’étais le seul interne. Je les raccompagnais tous les soirs à la grille, dehors ils étaient libre eux, de ce coté-ci de la grille ce n’était que pleurs. L’angoisse de la nuit commençait à me saisir tous le corps.
Le nez entre les barreaux de la grille, je les regardais s’éloigner ensemble. En plus, si je me rappelle bien, elle me plaisait Michèle et lui pouvait tous les soirs la raccompagner. L’image triste de mon lion m’accaparait, lui et moi derrière nos barreaux et notre prison, bien trop grande pour moi, minuscule et mortelle pour lui. C’est sûr, un jour, lui et moi, nous nous sauverons dans la forêt.
Je n’avais que très peu d’amis, ou du moins ma mémoire ne m’autorise que ces souvenirs.
En récréation, je retrouvais un frère et sa sœur aussi pommés que moi.
Comment pouvaient-ils bien se nommer ? Un nom italien, j’en suis sûr !
Nous étions tristes ensemble, point d’autres souvenirs.
Décidément, cette mémoire est bien cadenassée, la profaner devenait indécent !
Nous partagions notre goûter le soir en regardant la gorge serrée les demis pensionnaires s’en aller le cœur joyeux. Nous ne manquions pas sans mot dire d’attarder notre attention sur le portail d’entrée, on ne sait jamais !!!! Quelqu’un pouvait venir nous chercher.
L’œil fatigué, nous abandonnions notre quête sans espoir qu’un jour par surprise quelqu’un vienne nous chercher comme cela arrivait trop rarement. Ce n’est pas « les grandes vacances » tous les jours.
Un chocolat ou un Vinifruit, assis sur un banc, goûter et mélancolie se partageaient à parts égales. J’aimais le chocolat, ils se régalaient avec le Vinifruit, et du pain pour tous.

25 commentaires:

Claude a dit…

On arrive à ressentir tes sentiments !...une période difficile je pense !
Pour ma part la pension est toujours restée au stade de la menace !... et à mon âge je suis "sauvé" IOI

Bon WE à toi
Claude

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour claude
bien vu
patrick

Delphinium a dit…

Un petit garçon, un lion. Tous les deux derrière les barreaux, mais tous les deux forts. Car ils vaincront leur peur et leurs pleurs. Même derrière la grille qu'il contemple tous les soirs, le petit garçon grandira et prendra les forces pour vaincre les obstacles mis sur son chemin. Même pensionnaire à plein temps, il vaincra. J'en suis sûre. On ne brise pas un homme, il lui reste toujours son âme qui s'échappe au-delà des prisons des hommes.
Bises à vous et bonne soirée Patrick.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour delphinium

Comment connais tu la fin de l’histoire, les épreuves vont sûrement un jour devenir la force de ce petit garçon pommé de l’atlas
Pour le moment il soufre,ça c’est certain et se demande toujours pourquoi tout cela
Pourquoi une école par an et toujours plus loin, toujours plus seul
Que va devenir cet enfant ?
L’histoire le dira sans doute
Merci de tes merveilleux commentaires que j’attends toujours avec impatience

Bon WEnd
Patrick

Anonyme a dit…

Toujours autant de force dans l'écritute.On se surprend à ressentir les mêmes émotions que ce petit garçon qui reste accroché aux barreaux de la grille en regardant partir les autres .Le sentiment d'abandon est tellement bien décrit, qu'on en veut aux parents de l'avoir laissé là...on a mal pour lui...On imagine son regard plein de tristesse et on a envie de courir vers lui...
Josie

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Merci josie

Il y a des scènes qu’une vie entière ne suffirait pas à effacer, la première fois que j’ai vu qu’il existait des demi-pensionnaires j’ai eu un énorme choc affectif
J’ai tout de suite pensé pourquoi mes parents n’avaient ils pas essayés aussi de me mettre demi pensionnaire
Je crois me souvenir que ce fut la première injustice de ma jeune vie d’enfant déjà adulte
A bientôt josie

Fr@n6 a dit…

ouais il n'y a pas à dire la liberté n'a pas de prix !! ça doit ^tre pour cela que tu aimes l'évasion motorisée :)

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour fr@n6
Et bien même si ton com sent l’humour, tu ne crois pas si bien dire
Comme si cette enfance trop vite expédiée, me laissait orphelin de liberté
Aujourd’hui et d’aussi loin que le me souvienne j’ai mis ma liberté et celle des autre en fil rouge de ma vie
Mes enfants, confiance réciproque
Moto, personne ne t’arrête
Cheval, lui et moi berbère au Maroc
La liberté de penser, accepter l’avis, et avoir son opinion
Etc
Merci beaucoup de ton com
Patrick

Delphinium a dit…

Un petit passage pour vous souhaiter un bon-soir. Le soleil a si bien brillé aujourd'hui, j'espère que le petit garçon devenu grand a pu en recueillir quelques rayons au creux de ses mains.
Amitiés

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour delphinium
tout a fait , belle journée pour le grand garçon
merci de ta visite
patrick

Claude a dit…

Bonjour Patrick
Un salut de motard en passant !.....
bonne semaine
Claude

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour jean claude
appel phare aussi pour toi
patrick

Marie Christine a dit…

Bonjour Patrick et vous tous,

Bon si tu continue comme cela, je vais vraiment finir pas sortir ma boite de mouchoirs. Quand je te lis, tu me donnes tellement d'émotions. Peut être que tu me refais vivre également ma jeunesse qui n'a pas toujours été rose.

Bon heureusement qu'il y a du soleil dehors (sourire).

Je t'embrasse très fort et je te souhaite une très bonne journée ainsi qu'à vous tous,
Marie Christine

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour marie Christine
C’est sur mon année pensionnaire fut plutôt du genre mouchoir et décadence
Mais es ce à ce nomment que j'ai puiser toute ma motivation d'aujourd'hui? Sûrement un peu
Merci de ta visite
Patrick

Delphinium a dit…

Votre dernier commentaire sur mon blog m'a émue, plus que je ne le voudrais, je vous ai répondu. Passez une douce nuit, je vous embrasse.

Anonyme a dit…

Salut Patrick, comme tu me l'as demandé je te laisse ma modeste opinion.

Je trouve ton style agréable, c'est facile à lire (ce qui pour moi est un compliment et non une carence) tu parviens à communiquer ton histoire et à en croire les commentaires la magie opére puisque il semblerait que l'émotion passe, aprés c'est une question de sensiblité au niveau de l'histoire on peut être touché ou pas mais ça ne remet en aucun cas en cause la qualité du texte.

Félicitation je pense que tu tiens le bon bout, continue sur cette voie.

Amicalement JMGB

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour delphinium

Je viens d’aller voir ta réponse a mon com sur ton spot
Oui ton spot m’a laissé comme je le dis une note amère, et confuse
Nous ne nous connaissons pas physiquement, mais je crois un peu quand même au travers de nos visites quotidiennes
Alors j’ai tenté de comprendre entre les lignes les lignes
Je suis a coté de toi, tout près
Patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour JMGB
Merci beaucoup de ta visite et de ton commentaire
Que rajouter à ce commentaire sinon qu’il m’encourage encore plus à aller plus loin, plus longtemps.qu’il est un encouragement a venir sur ce clavier, et tenter doucement de dévoiler quelques souvenirs qui font parfois mal, mais tellement adoucis par le temps, et l’age
A bientôt j’espère
Patrick

Vertige a dit…

Bonjour Patrick,

C'est un premier détour pour moi sur votre blog.

J'ai revécus mes sentiments au travers des vôtres. Deux générations différentes et pourtant, je reconnais vos sentiment et votre douleur de petit garçon. Mes mère n'avait pas les moyens de m'envoyer dans une école privée, elle se contentait de m'emmener en voiture en me faisant croire qu'elle allait me porter dans une autre famille. Je n'arrive pas à me souvenir pourquoi, je n'étais pas très grande et plutot sage. Lorsque j'arrivai à l'age de l'adolescence, je me souviens très bien des larmes étouffées chez plusieurs membre de ma famille, la honte de ne pas avoir sa place chez soi. L'incompréhension aussi.

A 24 ans, je sais maintenant que ma mère est probablement malade et qu'il n'y a rien que je n'aurais pu faire pour que les choses soient autrement. C'est pourtant ce qui a contribué à me rendre forte et à me faire comprendre la valeur infinie de l'amour et du bonheur.

Je reviendrai vous lire, parce que vous racontez bien. Merci!

Marie Christine a dit…

Bonjour Patrick et vous tous,

Un très gros bisou en passant sur la toile.
Embrasse toute ta famille pour moi.

Très bonne journée à tous,
Marie Christine

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour vertige
Je propose qu'on se tutoie, si tu le permet, étant le plus âgé cela me réjouira
Je viens de faire une brève visite sur ton blog, 5 blogs, lequel choisir, je vais y retourner et décider
Et merci d’être une nouvelle lectrice, au fait comment as-tu trouvée mon blog ?
Merci de ton com, et je sens aussi que nous avons vécu des expériences un peu similaires
Je retiens surtout aujourd’hui que tous les deux en sommes sorti grandi et plus fort
A bientôt

lynn a dit…

Bonjour,
Patrik> Tu nous tiens en haleine et l'émotion est là: autant d'ingrédients pour la réussite d'un livre et donc je tiens à te féliciter.

Je reviens à ton récit: le petit garçon a besoin d'exhumer les souvenirs du passé, cette sensation d'être mis à l'écart, de "rejet" et de solitude apportent plus d'éléments pour cerner ce personnage attachant, qui au fil de l'intrigue, on découvre.
Donc, bravo pour ce texte.
Je vous souhaite un excellent week end
Lynn
Ps: à propos, il me semble qu'aujourd'hui , c'est la saint Patrick et donc , je te souhaite une bonne fête.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour lynn
Ce sont des commentaires comme les tiens et ceux des autres lecteurs fidèles de ce blogs qui donnent la force de se dévoiler doucement comme une fleur au printemps,
Mais aussi d’essayer d’atteindre l’excellence dans ses textes, j’ai bien dis essayer
En ce qui concerne ce petit garçon je crois que beaucoup d’entres vous ont compris son problème qui tourne beaucoup autour de l’affection
Celui de sa mère et peu a peu son père qui s’éloigne te ne sais pourquoi
Merci à tous et toutes de vos encouragements
Patrick

Cergie a dit…

C'est extraordinaire, les épisodes se suivent et ne se ressemblent pas...
Je t'ai félicité de ta mémoire et là tu ne te souviens de rien, mais rien !!!
Cela me fait penser malheureusement à ma belle soeur (la soeur de mon mari) qui a perdu sa mère à 8 ans et qui n'en a AUCUN souvenir, comme si elle avait occulté cette part du passé

Les demi-pensionnaires !!!
Mon fils a été INTERNE-EXTERNé quand il était étudiant en classe préparatoire
Ca voulait dire qu'il prenait tous ses repas au lycée même le petit déj
Et bien en prépa la vie est plus facile pour ceux qui ont la chance d'être interne car mon fils avait une chambre de bonne avec WC sur le pallier et il se tapait 1/2 de trajet en métro aller et 1/2 heure retour
Ca le dérangeait pas trop, heureusement et il a intégré une bonne AGRO.
Il y avait une super ambiance dans sa prépa et ça vient de l'encadrement, c'est essentiel.

Tu me parles de ton frère, il n'est pas sûr qu'il écrive aussi bien que toi. Ce ne sont pas les souvenirs qui fiont vivre un récit mais le rhytme qu'on donne par l'écriture
Il faut aussi choisir les souvenirs à faire vivre
A mon niveau, sur Cergipontin je dois faire un sacré travail de concision puisque les gens ne passent pas pour mes textes
Et parfois pas pour mes photos non plus !

Ahaha !

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour cergie
c'est vrai pas beaucoup de souvenirs de cette periode
l'esprit du moins le miens ne conserverait il que les bons instants
pour ton blog chacun son style
tu me fais penser a un des rares profs de français qui n'aimait pas mes ecrits ,il me disait toujours plus concis
plus concis on se perd dans vos histoires
c'est drole comme ce prof a eu une influence sur moi
toi tu developpes un blog concis
avec une photo de la meme trempe,et bien pour moi c'est plus dur de dire les choses en un mot qu'en dix
j'aime ton blog et je suis un fidel de tes photos et ecris
merci de ton passage