17 février 2008

Mes années college (épisode 3 )


Et cette 6ème à Foix, qui n’en finit pas.
Elle me gonfle.
Je perds mon temps.
Tous les jours de la semaine, je devais prendre le car très tôt le matin vers 6h 30 ou 7h, et me retrouver tout d’un coup à plus de trois cents élèves bruyants dans la cour. La rentrée de cet automne m’effraie encore. Il y avait plusieurs 6ème. Où trouver ma classe ? Je paniquais. J’étais au dessus de mes capacités à naviguer parmi les fourmis studieuses. Je ressemblais à ces lapins qui à chaque mouvement brusque et bruyant, se blottissent sur place, baissent la tête en espérant que le coup qu’ils vont sûrement naturellement recevoir va les laisser en vie jusqu'à la prochaine fois. L’ogre scolaire me faisait peur, il allait me manger tout cru.
« Ou sont vos parents jeune homme » quelqu’un de gentil venait sans doute de remarquer mon inquiétude au milieu de cette ruche
« A la maison madame »
« Ce serait bien mieux qu’ils soient là pour vous aider la première matinée comment vous nommez vous »
« H……… madame, H……….. Patrick »
« Venez nous allons voir ce que nous pourrons faire »
Je la suivis sans perdre un centimètre de la distance qu’elle avait décidé de caler entre nous. Je remarquais ses longues jambes et même le trait noir des bas qui la partageait en deux parts égales. Son visage m’apparut au début très commun, et peu à peu sans doute illuminé par sa gentillesse, je trouvais qu’elle était même belle. Autour de moi je vis bien qu’un grand nombre de parent avec leur progéniture s’emblaient virevolter dans tous les sens, dans cet enclos rustique du CEG de Foix
« H……… vous dites »
« Oui madame »
« Avec un H ou un Y »
« Un H madame »
« Je n’ai pas de H. ……. sur mon registre, vous ne vous étés pas trompés de bâtiment ?, il y a aussi un lycée dans Foix , le lycée Gabriel Fauré, ça vous dit quelque chose »
« Non madame, je suis sûr que c’est ici, mes parents mon dit que le CEG était près du foirail ou mon père emmène ses moutons pour les vendre, et moi je sais que les moutons ils sont vendus la haut pas loin du café des maquignons, je l’accompagne des fois »
Elle sourit gentiment et ne remit pas en cause mon témoignage tant il semblait fiable et précis. Qui aurait imaginé, ou inventer cette histoire de mouton pour repérer le collège, c’est sur ce gamin ne se trompe pas.
« De quelle école vient tu »
De Serres sur Arget l’école s’appelle LAKANAL et l’instituteur Maurice »
Bien on va t’inscrire, je vais aussi te demander de donner ces papiers à tes parents, dis leur que c’est pour l’assurance, et les fournitures à acheter pour l’école, et tu me les rendras très vite et rempli, c’est d’accord »
« Oui madame »
« Ton nom donc H………...D Patrick tu m’as dit »
« Né le » ?
« 19 juin 1954 »
« Où » ? :
J’hésite…………….
Devais je lui avouer mon lourd secret. Je pourrais lui dire que je suis né à Serres par exemple, ou à Nancy ce sont les seules villes de France que je connais. Mais mon père me disait toujours mentir ce n’est pas beau ! Prisonnier de l’atavisme de cette éducation je déclarais non sans en craindre des conséquences :
« A Marrakech, au Maroc madame »
Son visage ne broncha pas, j’espère qu’elle n’est pas la fille d’un douanier d’un gendarme, ou d’un maquignon. Elle inscrivit sans sourciller : MAROC.
« Nationalité ? »
Elle inscrivit en le prononçant sans même me demander mon avis : M.A.R.O.C.A.I.N.E
« FRANCAISE madame ! » Ma réponse fut rapide, presque brutale, sèche, et sans détour. J’étais français. Elle semblait s’excuser ne demanda pas d’explication. J’avais peur que par la suite il y ait une case « pied noirs rapatries et pauvre». Il n’en fut rien. J’étais content de parler avec elle, c’est vrai qu’elle était de plus en plus jolie, son cœur débordait, l’embellissait, et moi j’étais bien, je n’avais plus peur.
« Au fait tu es externe ou demi pensionnaire »
« Demi pensionnaire madame »
« Tu as les sous pour le repas ? Il faut aller chercher les tickets pour la semaine, je vais te montrer ou c’est »
« Non madame, je n’ai pas d’argent, je ne savais pas qu’il en fallait »
« Mais tes parents ne t’on rien dit de la rentrée ? Normalement, ils auraient dû recevoir un dossier avec tous les papiers que je te donne. On leur disait de venir le premier jour et on aurait pu tout faire.
« Sans doute le dossier s’est il perdu à la poste » conclu t’elle pour mon plus grand soulagement ! Je n’allais quand même pas expliquer que je devais me débrouiller tout seul ! J’avais trop honte !
« C’est ça madame, ils ne l’ont pas reçu sinon je suis certain qu’ils se seraient bien occupés de moi »
La poste avait bon dos, je n’en suis pas sur, mais si le dossier est arrivé, ils l’on rapidement oublié, reportant à demain………………
Je vis bien que le cœur de cette femme venait de flancher. Elle ne me quitta plus de la journée, ou plutôt ce fut moi qui ne la quittai pas de la matinée. Après le repas que le collège m’offrait jusqu'à demain je retournai dans la classe qui m’avait été désignée. Il y avait tellement de 6eme qu’il fallait qu’en plus je me souvienne de la lettre qui l’accompagnait.
C’était la 6eme C

26 commentaires:

Jean a dit…

Ce témoignage me touche énormément .
Par lui même , et par ce que cette même année , à Foix , une très très grande amie rentrait elle aussi en 6 eme !

delphinium a dit…

Ah, l'angoisse des rentrées scolaires. Je me souviens vaguement de certains détails, il fallait trouver sa classe et ensuite il fallait choisir une bonne place que l'on gardait en général toute l'année. Cet épisode nous restitue à merveille l'angoisse qui a été la tienne, on aimerait te prendre la main et te dire que tout ira bien. Cette dame a l'air bien gentille, sans doute un ange gardien apparu sur ton chemin. Une bonne âme charitable comme il en existe heureusement. Je t'embrasse

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour jean
merci de ton temoignage
et qui sait, je connais peut etre cette tres grande amie?
si tu souhaites m'en dire plus, pas de probleme,
et continues tes magnifique photos
je vous recommande à tous d'aller faire un tour du cote de chez jean
amities

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour delphinium
merci de ton passage
je crois que nous avons tous angoissé de notre entrée en 6eme
moi plus que les autres
timide
seul
paumé
merci et bises
patrick

lyliane a dit…

Je devais rentrer toujours avant les autres filles de mon quartier, toute ma jeunesse j'ai été pensionnaire,pour moi il fallait accepter la place de mon lit, le faire et ranger toutes mes affaires, mais je ne remercierai jamais assez mes parents pour les sacrifices qu'ils ont du faire pour me payer des études. Je n'ai eu l'angoisse de l'entrée en 6ème, je suis passée directement du primaire en 5ème!

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bojour lyliane
sans doute le sacrifice de tes parents n'a t'il ete vain, je pense que tu leur a montrer un beau resultat
Memem si tu n'as pas eu de 6eme, la 5eme ,ne devais pas etre plus facile, non
je crois deceler là une excellente eleve
amities
patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pas à pas se fait notre chemin a dit…
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julie a dit…

un coucou... juste en passant! Continue ! j'attends la suite avec impatience !
NB stp, il faudrait que tu passes une version imprimée à Nat...biz

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour julie
merci de ton passage, et de ton conseil
reviens quand tu veux
patrick

julie a dit…

tu m'as redonné envie d'ecrire... merci. J'ai fini par mettre mon blog sur blogger itou aussi. biz à plus

marie a dit…

bjr j ai commencer à lire et...ben alors vite la suite !!

Cergie a dit…

Bonsoir Patrick,
Tu me rappelles mon petit frère qui avait une jolie maitresse, une si jolie maitresse et lorsque nous l'avons vue, elle était très quelconque ! Elle était sûrement très gentille.
C'est comme les enfants qui trouvent leur maman belle (je ne sais pas remarque pour toi, après ce que tu en dis de ta maman)
Et tu me rappelles autre chose : lorsque j'ai eu mon bac, j'ai écrit à l'école d'archi de Nancy pour m'inscrire. J'ai aussitot reçu une lettre de mon directeur, c'était un tout nouveau comme je l'ai appris par la suite, qui a accusé réception et dit que j'étais inscrite et à l'appel des noms, pas de moi !!!
Heureusement que j'avais gardé la lettre !
Je me vois encore aller à l'étage à l'administration régulariser. Et moi j'avais 18 ans, je ne rentrais pas au collège !
Je comprends ton appréhension. Mais, Patrick, malgré ton jeune âge, tu en avais connu des expériences nouvelles. Qu'aurait-ce été si cela avait été une vraie première fois ? Tu étais vraiment un enfant hypersensible

Bonne nuit et à plus tard
Bise

S.Abdelmoumène a dit…

Bonjour Patrick

Excuse mon éclipse, mais les boulets quotidiens, plus alourdis que d'hab..m'ont quelques peu obligé à patiner et à faire du sur place.

La sixième semble démarrer sur les chapeaux de roue. Tout seul comme un grand, reçu par une dame gentille en plus, la bouffe à l'œil. Des signes de veine quand le vent est en poupe...Pourvu que ça dure.


A bientôt
Salah

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour marie
c'est avec un grand plaisir qu j'ai lu avec une tres grande attention tes premiers commetaires
tu sais qu'ils vont compter dans le resultat final
bises
er rebises
patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour julie
je sius tres modestement tres tres fier de t'avoir redonner envie d'ecrire, et de lire aussi j'esspere
alors prend aussi tes pinceaux et dessine moi non pas un mouton mais "ton envie d'ecrire"je sais ce n'est pas dans ton style , mais qui sait essayes
bises
patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour cergie
je n'etais pas un enfant hyper sensible, mais un gosse a "fleur de peau"
et qui s'exprime toujours comme cela aujourd'hui
meme les années n'ont pas effacées cette hyper sensibilite, qui menne parfois (souvent) a la revolte
merci de ton commentaire
a bientot
patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour S.Abdelmoumene
je m'ennuyais de tes commentaires
alors tu penses quand j'ai vu ton nom!!
je te souhaite d'emmerger des poids pesant du momment
et de reprendre tres rapidememnt ta toujours fine plume pour ton blog
j'attends la suite
patrick

lyliane a dit…

Mes parents ont été assez fiers de leur fille, mais ce n'est pas le métier que je voulais faire,dans le temps c'étaient les parents qui commandaient et l'on n'avait rien à dire.J'ai dû faire ma sixième, tous les jeudis avec ma directrice d'école primaire, pendant que les autres filles jouaient.Bon week end à toi.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour
tu saus que j'urai aimé aussi que mes parents soient fiers que quelque chose que j'aurai pu faire, je n'ai pas trop de souvenirs que cela soit arrivé
il faut dire que mon carnet scolaire etait plutot un repoussoir
bon we a toi aussi
patrick

Vincent a dit…

coucou patrick!!!
avant de partir en week-end je te tague.
viens voir chez moi stp
cordialement.

Mahina a dit…

Patrick, j'avais fait fait un appel sur le blog de la Chaumontaise, sans réponse. J'en referais un sur l'infoclub et irai dès que je peux à la gym senior pour voir quelques anciens! Promis, je vais essayer de m'en occuper. Bisous

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour mahina
merci beaucoup de ton aide, j'espere que les anciens t'aideront
ta visite m'a permis de revisiter ton blog, toujours aussi poete je vois
a bientot
patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour vincent
merci de me taguer
je reprendrai un peu plus tard ta demande et sur mon autre blog
a bientot
patrick

Dr Mouhib Mohamed a dit…

Bonjour Patrick;Votre entrée en 6eme peut se calquer exactement sur la notre au Maroc .On ne comptait que sur nous meme pour nous tirer d'affaire (Parents Illetrés).La débrouillardise était notre lot depuis le bas age .Temoignage touchant bien exprimé d'un enfant sans malice.Amitiés

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour de Mouhib
vous nepensez pas si bien dire le procain episode (veridique) fera la demonstration de la debrouillardise dont vous faites etat
merci de votre passage
amities
patrick