13 septembre 2007

Mes années France (episode 5 )


Je compris bien plus tard, lorsque j’assistais au déballage des menus trésors enfouis, que le risque avait été minutieusement arbitré entre différentes cachettes que je ne soupçonnais pas.
Notre séjour français débutait par de la contre bande. Il parait qu’il était interdit et je n’ai jamais su pourquoi, de passer de grosses sommes d’argent entre les deux pays.
« Il faut bien aussi rapatrier ses sous, surtout qu’on en a pas beaucoup nous ! » grogna mon père, puis il ajouta :
« Ce soir nous dormons dans un gîte rural à « La mouline » c’est tout près, et demain je vous montrerai la maison que j’ai acheté à Serres sur Arget ».
Tous les enfants du monde sont pressés et excités juste à l’idée de voir leur nouvelle maison, et sans doute aussi de mieux connaître leur nouveau pays. Moi je ne me souviens pas avoir été spécialement enthousiaste à cette funeste perspective. En fait, je m’en moquais éperdument. Je pensais surtout à cet instant à Toto que nous avions abandonné. Etait-il heureux ? M’en veut-il encore ! Que devenait-il ?
Aussi stupide que cela puisse paraître un larme fugitive et timide n’osait coulait sur ma joue. C’était entre elle et moi, notre secret. Nous n’allions pas montrer aux autres notre faiblesse. Elle et moi étions affligés d’avoir pour une seconde pensé à Toto, à sa mort !
Les cigognes de l’église de Midelt me manquaient. Elles m’accueillaient toujours de leur claquement de bec bruyant et rieur. Des bravos enthousiastes pour les enfants de cœurs que nous étions tous, plus ou moins. Je me souviens aussi du concert qu’elles m’offrirent pour ma communion privée. Elles étaient bien belles dans leur tenue de gala noir et blanc. Mr Porcela m’avait offert une montre de marque Orly, et mes parents une médaille religieuse de rigueur dans de telle circonstance, bien qu’ils n’étaient ni croyants ni pratiquants.

22 commentaires:

Dr Mouhib Mohamed a dit…

bonjour Patrick,il y a comme une suite de cartes postales en noir et blanc qui sortent de tes messages.Tendre et affectueux souvenir que celui des cigognes .Les cigognes de Midelt sont fidelles a leur postes elles se nichent toujours sur l' eglise ,hotel el ayachi ...PAR ailleur ,c'est assez distabilisant la sensation de laisser de coté ce que l'on a pu construire auparavant.Amitiés

Majid Blal a dit…

Bonjour Patrick
Les cigognes étaient partout. Sur les tours de chque Casbah, il y avait des nids de ces oiseaux migrateurs. à mon avis le plus beau nid est perché sur le bureau des PTT.
En ce qui a trait à ta question sur l,Immigration selective au Canada, c,est un processus nouveau. Il ya d,abord une grande difference entre la France et le Canada, c'est que le Canada n,a pas de passé colonial( à part bien sur la colonisation des amérindiens et leur tassement dans les reserves). de ce fait il n a pas de culpabilité vis avis d,anciennes colonies. D,autres part le Canada, ne préconise pas l'assimilation des immigrants. On applique le multiculturalisme qui est une façon de laisser les immigrants vivre leurs differences tout en les integrant. La province du Quebec quand à elle applique l'interculturalime qui veut un partage de toutes les cultures véhiculées par l,ensemble de la population. C,est une identité et une culture en construction apr l,apport de tous les immigrants. Le seul Hic est qu'on voulant choisir des maghrebins pour le besoin de sauvegarder la francophonie, ils se sont rendu compte que ceux ci viennent avec une religion et des façons de faire séculaires alors qu,avant l'immigration était majoritairement europeene qui se font dans la masse apres la deuxieme géneration. Actuellement nous vivons des consultations publiques pour définir l'identité quebecoise en y incluant la diversité mais tout en balisant contre les accommodements déraisonnables.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour dr Mouhib
c'est avec plaisr que j'apprends que les cigognes sont toujours là
Elles ont meubles mes dimanches ,et je ne manquais jamais de lever la tete a chaque fois, et leur faire un petit bonjour
merci de votre passage
amities

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour Majd blal
Merci aussi pour ce petit passage sur les cigognes
J’ai aussi mieux saisi, la différence entre la France et le Canada sur le dossier émigration
Amitiés
Patrick

S.Abdelmoumène a dit…

Bonjour patrick,

En parlant de cigognes, l'induction pour moi va vers ces hirondelles qui venaient s'abriter sous les pré hauts de l'école des garçons et qui leur arrivée comme leur départ coïncidaient un peu avec la rentrée scolaire et les grandes vacances. On aurait dit que les écoliers et ces oiseaux se relayaient à l'occupation des lieux. Ces deux espèces avaient quelques choses à nourrir, les premiers leur petits esprits et les seconds leur progéniture emplumée. Chaque espèce respectait le temps qui lui était imparti, et elle le faisait dans un respect exemplaire sous l’œil vigilant du prédécesseur de Baali (Paix à son âme).

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour abdelmoumene
J’ai lu et relu ton commentaire et je n'en reviens pas
Quel talent! Je le savais en lisant ton blog, mais là tu m'as "bluffé" stupéfait
Fabuleuse approche que de comparer les élèves et les hirondelles
En plus je suis allé a l'école de Midelt et je les vois ces hirondelles qui nous accompagnaient
Me permet tu de reprendre ton texte dans mon blog et comme de bien entendu je citerai ma source
Tu viens de me faire vivre un grand moment de littérature

S.Abdelmoumène a dit…

Re bonjour Patrick

Bien sûr que tu peux insérer mon commentaire dans ton blog, c'est même un compliment pour moi que de savoir que tu apprécies, toi qui n'en es pas à ta première expérience d'écrivain.
Merci Patrick, cela me fait aussi plaisir et je te jure que c'est du ressenti. Ces moments là à l’école des garçons ou avec M.Javaillon au collège El Ayachi sont inoubliables pour moi.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour abdelmoumene
Merci du plus profond du cœur du cadeau que tu me fais
Plus que les magnifiques phrases que tu as écrites sur les hirondelles et l’école, c’est les souvenirs qui on soudainement affluer…………………………
Cette école j’en parle dans mon blog au début. Je vais chercher a quel moment et te signalerai l’épisode, tu comprendras que ton texte viendra fabuleusement enrichir le mien
J’en suis moi aussi a ma premier expérience d’écrivain, comme toi sûrement en pensant a mon père, un matin j’ai pris ma plume Word j’ai jeté des mots, et cela devient peu a peu un texte lisible et j’espère un jour un romans, comme le docteur mouhib a réussit lui a faire paraître
Connais tu son livre « Hadhoum » une perle !
Merci a toi
Amitiés

patrick

psynaj a dit…

tes récits sont comme toujours pleins d'émotions que tu sais très bien partager, une vie bien remplie de souvenirs, de nostalgie...

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

bonjour psynaj
en effet une vie bien remplie, de ma naissance a mes années france
une vie faite de moments inoubliables et de peu de mauvais
les mauvais moments, j'ai toujours su les combattre avec une grande force issue surement de mon jeune age
merci de ta visite et de tes commentaires
a bientot
patrick

S.Abdelmoumène a dit…

Bonjour Patrick,

En parlant de fronde (tir boulette) dans ton message de décembre dans l’école communale. Tu m’as encore une fois fait songer à ces moments doucereux où tous les pantalons que je portais étaient troués par la pointe de la toupie. La fronde quant à elle était bien au chaud sous mes vêtements accrochée au cou comme collier. En ces temps là celui qui n’avait pas une poche bondée et trouée était considéré comme une bleusaille dans le jeu à la « casse » de la toupie. Qu’est ce qu’on sentait comme plaisir et fierté à écorcher vive une pauvre toupie inerte sur le sol, qui des fois quand elle accusait le coup, tournoyait et allait se plaindre ailleurs….. si elle ne partait pas en morceaux….
Par contre j’étais moins bon en tir à la fronde. Bien souvent c’est l’ongle de mon pouce qui reçoit le projectile. Après plusieurs tentatives, j’ai opté de garder accroché « ce joujou » au cou, juste pour la frime.

Vincent a dit…

Patrick!! je viens de me remettre à lire ton blog depuis ton passage de la frontière. c'était un véritable délice te de lire toi mais aussi tous tes lecteurs et en particulier ceux d'outre méditerranée.

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour Vincent
6messages sue mes 6 derniers épisodes, quel courage !!
Je te remercie avant tout pour tes commentaires chaleureux qui me vont droit au cœur, pardonne mois si je t’ai fait couler une petite larme
Merci aussi pour ta participation au modeste dialogue sur l’intégration en France,je suis en accord avec tes remarques
Je suis heureux également que tu deviennes lecteur des blogs de Abdelmoumene et Dr mouhib, ainsi que les commentaires de Majid blal(il y a un lien direct sur mon blog pour y aller et j’encourage tous les visiteurs ay faire un tour
Et plus que tout c’est ton prochain départ pour Midelt qui m’enchante ! Comment connais tu si bien Midelt, en général les français connaissent marakech et pas du tout Midelt,tu es un connaisseur
Quand a faire un romans de mon blog, j’y pense de plus en plus je sais au moins que j’aurai un lecteur

Je te souhaite bon voyage et attends de tes nouvelles ainsi que celles de midelt
A bientôt
Patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour Abdelmoumene
Encore une fois ton évocation de la cour de recréation de midelt m'a encore rajeuni avec l'épisode "du tir boulette" qui est en fait un puissante lance pierre, j'en parle souvent
Mais j'avais oublie les concours de "casse toupie"
Le gagnant était celui qui lançait le plus fort, la faisait tourner le plus longtemps et faisait sortir du cercle l'autre toupie
Chacun avait sa méthode
Moi je me souviens quand on me fracassait la mienne, et que j'en achetais une autre,la première chose que je faisait c'était de découper la collerette du haut, j'avais remarqué comme d'autres que cela la déséquilibrait
Avec un couteau méthodiquement je m'appliquais a ce que son sommet soit le plus rond possible
Je battais souvent mes copains de classe pendant la recréation, ils se vengeaient en étant souvent meilleurs que moi en classe même en français
Te souviens tu des punitions, la tête en bas et les coups de baguettes sur la plante des pieds? C’était ça la motivation a l'époque
Et puis il y avait le manège, Driss l'aide du proviseur nous faisait tourner autour de lui la baguette a la main nous fouettait les cuisses
Les petits marocains m'avaient a moi seul expliqués qu'il y avait une technique pour ne pas avoir mal, mettre plusieurs pantalons et un "serval"(orthographe phonétique) sur le tout
Ainsi les coups ne faisaient plus mal
Oui mais moi comment expliquer a ma mère que subitement je devais enfourcher ces 3 ou 4 pantalons les uns sur les autres
Je n'y arrivais pas et donc j'étais malgré moi le seul a souffrir
Ah quelle jeunesse !!!!
Merci pour ces souvenirs
Comme toujours puis-je me servir de ton commentaire pour mon livre
patrick

S.Abdelmoumène a dit…

Bonjour patrick

Que de souvenirs remontent quand on les attise. tu as raison on découpait la colerette de la toupie et on y placait une punaise comme carapace, ça faisait beau et ça servait d'écu dans le combat, surtout qu'en dessous le bois était en général fissuré et présentait son point faible.

Bonne continuation

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour
Une fois la toupie"customiser", tu te souviens ............le geste ! le geste voila 80 % de la réussite du combat . Lancer et ramener avec le maximum de force pour la faire tourner. Oui mais pas a l'autre bout de la cour, a ses pieds dans le cercle tout en cherchant a expulser les autres toupies
Ce w.end avec ces souvenirs je viens de reprendre le blog a la page que tu connais "les recréations" et bien figure toi que j'en ai écris presque deux pages, au lieu des quelques lignes que tu connais", je me suis inspire de tes commentaires, merci
En quelle année étais tu a Midelt moi vers 1961
amitiés

Vincent a dit…

pardon patrick!!
je me suis peut être mal exprimé. je ne part pas pour midelt quoi que tu m'en a donné envie. je disais que je partais visiter tes billets enchanteurs.
mais y ayant passé un excellent repas de midi, je ne rechigne pas à y retourner un jour. Le maroc me passionne.

Delphinium a dit…

Cela ne me semble pas stupide qu'une larme roule sur les joues du petit garçon. Il arrive dans un pays inconnu, il a laissé derrière lui plein de souvenirs d'enfance, les plus beaux qu'ils soient. Et il se retrouve déraciné, perdu entre son père et sa mère, ne sachant trop ce qu'il doit dire ou faire.
Comme je l'ai dit plusieurs fois, j'aime votre narration. Vous passez du très grave au plus léger. L'image des cigognes nous permet de respirer un peu et de s'évader, un peu comme le petit garçon.

S.Abdelmoumène a dit…

Bonjour patrick

Je suis né un 21 février 1954 à Midelt 117, Rue My Driss, c'est la rue qui mène vers mibladen en face du service de l'hydraulique si tu t'en souviens.

J'ai rejoins ensuite Rabat pour continuer mes études en 1975 et j'y suis resté pendant 9 ans avant d'aller à Fes pour 1 année, retour à Rabat pour 3 ans, à Midelt pour 8 ans, à Mrirt pour 2 ans et retour à rabat depuis 1991 à nos jours.
Au fait j'ai pu avoir le nom du chauffeur algérien dont je t'ai parlé : C'est Miloud

En décembre 2006, je n'ai pas retrouvé les deux pages que tu as écrites sur la récré..

P.S: Le lien que tu as mis pour mon blog ne fonctionne pas je crois qu'il faut enlever une barre à la fin.

Cergie a dit…

Ah ! Les cigognes ! Figure toi que nous avions fait nos faire-parts pour la naissance de notre fille au Maroc puisqu'elle y était née.
Et nous avions mis une photo de cigognes dans un nid que mon mari avait prise.
Peut-être au fond de voir ces nids un peu partout m'avaient-ils incitée à avoir un enfant et à le ramener de l'autre coté de la Méditerranée (tu sais que je suis de l'est de la France et en Alsace en particuliers, les cigognes sont réputée amener les enfants)

Ton imaginaire est fécond : tu donnes des pensées et des intentions à une larme ou à des cigognes. Comme si tu avais besoin d'être conforté dans tes propres émotions.

Patrick, je sais quel adulte tu es devenu : tu es toujours un enfant. Sans doute un enfant capable de prendre des responsabilités d'adulte sans s'y dérober, mais au fond de toi, pas très loin au fond de toi, il y a toujours l'enfant. Vois le commentaire que tu m'as laissé hier. Il te tarde de voir le quart de finale. Et ensuite... Je l'imagine. Tu en garderas un souvenir inoubliable.

Pourvu que ce quart de finale soit beau. Et il le sera, dans ce stade magiquequ'est le stade de France avec ce public enthousiaste et courtois que sont les amateurs du rugby...

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour abdelmoumen
Je suis né aussi en 1954 en juin a marakech
Je suis arrive directement au paysannat vers 1959 pour partir en 1965
Mon frère était a rabat lycée Descartes
Et moi a 10 ans pensionnaire a Meknes a jj Rousseau
Je vais voir pour le lien
Pour le blog normalement sur décembre 2006 si tu prends 'mes années insouciantes épisode 1+2 tu trouveras quelques lignes sur l'école de midelt et ses punitions légendaires (c'est depuis tes commentaires que j'ai écris 2 pages sur l'école)
Amitiés
Patrick

Pas à pas se fait notre chemin a dit…

Bonjour cergie
Ah cergie et ses dons divinatoires!
Pour l'alsace et le Maroc je le savais, mon fils habite Colmar et la cigogne vient d'y déposer une petite Clara
Me revoilà grand père mais jeune !
Non ! enfant dis tu?
Sans doute, je crois que j'ai vite grandi en deux étapes pas plus, 3 au maximum
Je suis resté un gosse et en plus certain te diront
"C’est un gémeaux ascendant lion"
Qu’en penses tu?
Merci d e ton passage régulier de tes commentaires passe murailles
Patrick