26 novembre 2009

La Main de Henry, selon les Evangiles




La main de Thierry Henry, décidément commençait à l’exaspérer, aussi Dieu décida d’aller lui-même sur terre pour résoudre ce problème et punir le footballeur.
Cela faisait bien 2009 ans qu’il n’était pas retourné sur notre planète.
Jusque là, il avait réglé ses menus soucis depuis là-haut sans avoir à se déplacer, avec quelques génocides d‘Incas, des croisades contre les hérétiques Cathares du sud, des incroyants de Jérusalem. Mais aussi avec deux petites guerres mondiales de rien du tout, et quelques menus massacres en Bosnie, hutu, un peu partout dans le monde. Et quand il fut débordé, il créa Hitler, Mussolini, Mao, Pol Pot, quelques famines en Éthiopie, et ailleurs.
Mais rien de bien grave que tout cela!
Là ! Par contre il devait se rendre de toute urgence sur place et régler personnellement ce grave préjudice et punir ce tricheur.
Dieu réunit les humains du monde entier. Les bras vers le ciel, il leur dit :
« Mes bien chers frères, je vous le dis, la main de Thierry Henry mérite châtiment, je vous demande à vous les vertueux et les justes de venir avec moi lui couper l’objet du délit afin qu’il ne triche plus, mais seuls, les justes et les vertueux m’accompagneront, attention à ne pas me mentir ! Je le saurai et vous irez brûler en enfer ! (Sa phrase préférée depuis 2009 ans)
Je reviens dimanche, dans une semaine, et nous irons sévir ».

Les gens se regardèrent et firent leurs actes de contrition.
En premier, les hommes politiques s’en allèrent tant ils craignaient l’enfer promis, Dieu ne serait pas dupe des mensonges permanents de leur saine profession, Nicolas marchait en tête, suivi de près par toute la classe politique de gauche et de droite.
Les politiciens s’en allèrent.
Puis suivirent les banquiers, les récentes affaires étaient bien trop honteuses pour que Dieu pardonna.
Les banquiers et le patron de la Ste Générale s’en allèrent.
Les assureurs pensèrent bien que les petites phrases en bas de tous les contrats seraient vite déchiffrées par Dieu comme une duperie.
Les assureurs s’en allèrent.
Les journalistes, avec tous les mensonges, et contre vérités qu’ils écrivaient pour vendre leur torchon, pensèrent bien que Dieu les condamnerait de suite.
Les journalistes de Gala et autres, s’en allèrent.
Les sportifs, un jour ou l’autre s’étaient tous dopés d’un bon « pot belge » ou vaccinés contre le coup de pompe, cela ne fait pas de mal, mais enfin……………..
Les sportifs s’en allèrent.
Les restaurateurs et cafetiers pensèrent à la TVA à 5,5% et ne demandèrent pas leur reste tant leur ignominie était visible par tous.
Les cafetiers et les restaurateurs s’en allèrent.
Les laboratoires pharmaceutiques avec le gros bluff de la grippe H1N1 ne demandèrent pas leurs restes.
Les labos du monde et notre ministre de la santé se retirèrent.
J’étais moi aussi dans l’expectative, j’avais bien une fois ou deux inventé un mal au ventre pour ne pas aller en classe, j’avais du aussi un jour lors de mes examens « tuster » quelques réponses. Sans chercher plus loin au risque d’en rougir, je décidais de quitter le monde.
Les élèves, les collégiens, les étudiants et toutes les grandes écoles, et ceux qui doutaient m’accompagnèrent.
Les érudits s’en allèrent.
Suite bientot à ne pas manquer, qui devine la fin?

12 novembre 2009

Les Wisigoths dand l'Aude (fin)

La capitale de l'Aquitaine wisigothique était Toulouse, où siégeaient les rois (Théodoric I, II, Euric, ...).
Clermont-Ferrand fut aussi prise par les Wisigoths (vers 472), ce qui explique que son évêque Sidoine Apollinaire ait été exilé à Llivia (sur ordre d'Euric), car il était catholique, comme Martin de Tours (géographiquement, le catholicisme, comme les Francs plus tard, a remonté les affluents de la Loire: Touraine, Berry, Poitou, Auvergne), alors que les Wisigoths étaient ariens. Mais la situation s'est arrangée, l'évêque ayant été grâcié par le roi Euric, après intercession d'un ami de Sidoine, bien placée dans la cour, Léon (qui habitait Narbonne), avec qui il était en liaison depuis Llivia.
Toutefois, il n'a pas eu l'autorisation de regagner l'Auvergne tout-de-suite. Mais était-il à Llivia ou Liviana ?
Quant aux Wisigoths, ils ont été chassés d'Aquitaine par les Francs (Clovis, en 507) et repoussés en Espagne (et en Languedoc aussi d'ailleurs), régions qu'ils ont occupées jusqu'à l'invasion arabe 3 siècles plus tard.
Ils ont alors été refoulés en Asturie (où d'ailleurs s'étaient réfugiés quelques Alains avant eux), et ont excellé dans la fabrication de charcuterie, bière, cidre et fromages. C'est le foyer d'où, plus tard, est partie la Reconquista chrétienne qui mettra pourtant 7 siècles à refouler entièrement les Arabes hors d'Espagne.

23 octobre 2009

Les Wisigoths d'ans l'Aude (1er épisode)

Bonjour
Bien que cela paraisse iréel, les Wisigoths ont sejournés dans l' Aude et y auraient laissés un fabuleux tresor, celui du pillage de Rome.
Mais c'est une autre histoire............................à venir




Les Wisigoths (Westgoten, ou Goths de l'Ouest) étaient un peuple germanique issu de la Suède méridionale et incorporé dans l'Occident romain.
Colonne Wisigoth dans l'Aude
Après la chute officielle de l'Empire romain occidental (476), les Wisigoths ont continué pendant près de 250 ans à jouer un rôle important en Europe occidentale.
Présence des Wisigoths en France et Espagne
Alors qu'ils occupaient la Dacie depuis la fin du IIIe, les Wisigoths ont adopté l'arianisme, à partir de 341, une branche du christianisme qui affirme que Jésus-Christ n'est pas Dieu, mais un être distinct. Cette croyance est en avec "l'orthodoxie" chrétienne.
Les Wisigoths sont restés fidèles à l'hérésie arienne jusqu'en 589. Toutefois un fort parti arien demeura influent dans la noblesse. Il en sera encore question au début du VIIIe.
Les Goths, installés aux frontières de l'Empire romain du côté de la mer Noire, se scindent en deux branches au IIIe :

-- les Ostrogoths et -- les Wisigoths. Ces derniers, à partir de 268, attaquent l'Empire romain et sont battus à Naïssus en septembre 269 par Claude II "le gothique".
le Mont Alaric du roi Wisigoth pres de corbieres dans l'aude
Même battus, ils représentent une menace et Rome les autorise à s'installer dans La Dacia repensis.
Très vite, ils multiplient les en Scythie et en Thrace. Une seule solution : les romaniser. Constantin 1er signe avec les Wisigoths un traité dans lequel ils s'engagent à fournir des soldats pour les légions romaines en échange d'une rétribution. Rome obtient ainsi une paix de 30 ans qui permet la mise en place de relations commerciales et culturelles.
a suivre si vous le voutez bien

30 septembre 2009

La guerre des demoiselles (fin)

la fin de la revolte paysanne
Ces quelques exemples montrent la détermination des Demoiselles, et provoquent une vague de terreur dans les vallées, comparable à la Grande Terreur de la Révolution de 1789. Cette révolte est connue et entendue de Toulouse à Paris, où dès 1830 se joue au Théâtre des Variétés "Le Drame des Demoiselles".
A partir de l'été 1830, les interventions vont se faire plus violentes. "La révolution 1830 fit l'effet d'huile sur le feu".
Pendant cette révolution et les émeutes parisiennes, le mouvement des Demoiselles s'étend dans toute l'Ariège, et s'attache maintenant à provoquer les grands propriétaires, en particuliers les maîtres de Forges qui utilisent le bois en grandes quantités pour leurs usines métallurgiques : alors que les plus pauvres sont punis, les maîtres de Forges continuent à surexploiter la forêt pour leurs propres intérêts.
A Boussenac, c'est 60 demoiselles qui attaquent les métairies de la famille Laffont, trois jours plus tard, la commune est condamnée à payer 20000 francs à la famille Laffont : la nuit du 3 au 4 avril 1830, les Demoiselles anéantissent le reste des bâtiments et des plantations.
A Aston, au-dessus d'Ax les Thermes, c'est le château Gudanes qui est menacé. Le 7 puis le 10 août, le château est pillé. Le 15 août, à Ustou, les habitants de la vallée armés de haches, de bâtons, et d'objets divers, investissent avec "des hurlements et des vociférations épouvantables" la demeure de Jacques Saint Jean de Pointis, maire d'Ustou : ils brûlent les granges et pillent le château.
Jusqu'à la mi-septembre, les troubles se multiplient. Puis soudain, se calment : une Commission Départementale des Forêts est créée et mise en place, le 27 septembre, elle est susceptible d'amener des solutions aux revendications des Demoiselles. Mais du mois de novembre 1830 au mois de mars 1831, les émeutes reprennent.
Certains propriétaires sont contraints de céder des droits aux Demoiselles sous cette pression importante, dévastatrice et impressionnante.
A Ustou, les propriétés de M de Pointis sont encore ravagées par des incendies criminels. Le 7 mai 1832, 50 habitants d'Ustou armés et costumés, chassent des charbonniers de la forêt à coups de fusils : ils sont chassés d'une parcelle vendue par M de Pointis.
Pour les 20 années qui suivent, les troubles sont moins importants mais néanmoins présents. Les dernières interventions sont constatées dans le Massatois et la vallée de la Bellongue en mai 1866 et mai 1867, et pour se terminer en 1872.
fin
la semaine prochaine: des Wisigoths dans l'AUDE

La guerre des demoiselles (épisode 2)

La revolte

La réaction des Couserannais sera la création spontanée d'une guérilla locale, qui vise tous ceux qui représentent un obstacle à l'utilisation des bois : les Gardes Forestiers, les Charbonniers, les Gendarmes envoyés dés le mois de juin 1829. Ce mouvement contestataire naît dans le Castillonnais.
Les premières Demoiselles sont en fait des bandes de paysans masqués plus ou moins armés, et plus ou moins déguisés en femme : le visage noirci, une peau de mouton ou un tissu sur la tête et les braies ( chemises ) par-dessus les pantalons ( ils se débraillaient ). Tout ceci pour ne pas être reconnues. Elles apparaissent pour la première fois dans la vallée de Barlonguère en avril 1829, puis s'étend dans le Massatois et le canton d'Oust.
"Cette jacquerie submerge le Castillonnais" et s'étend rapidement dans tout le Couserans. La démarche est de s'opposer et de résister aux saisies des gardes forestiers : à Saint-Lary ( vallée de Barlonguère ), 20 gardes veulent s'emparer des bêtes de 6 paysans en délits, mais ils se retrouvent face à une centaine de paysans déguisés et armés qui les insultent, lancent des pierres et tirent des coups de fusils.
Les gardes doivent s'enfuir, et 4 brigades de Gendarmerie sont envoyées de Saint-Girons en renfort. Les Demoiselles s'en prennent aussi aux charbonniers, à qui elles reprochent d'abattre "leurs" arbres et d'exploiter "leurs" propriétés. "La tactique des demoiselles est simple et adaptée au terrain. Elles opèrent par vagues pour susciter la peur en harcelant l'adversaire jusqu'au moment où gardes, gendarmes et charbonniers abandonnent le terrain" .

Les événements sont de plus en plus importants : le 24 janvier 1830, défilent à Balaguère, le jour de la fête locale, des Demoiselles armées de sabres, de fusils, et de haches. Trois jours plus tard, 400 à 500 personnes entrent en force à Massat et y défilent en criant : "A mort les gardes forestiers". Le 17 février, c'est la même chose, avec un effectif doublé : le maire de Massat évite de justesse l'affrontement. Dans la nuit du 10 au 11 mai, à Saleich à la limite du Couserans, un garde forestier tue un des assaillants de sa maison.
la semaine prochaine la fin .............malheureuse...........

La guerre des demoiselles (épisode 1)

Drole de rébellion qui n'a pas droit à la grand histoire, pourtant les Ariegeois se sont revoltés, voila leur histoire "dite la guerre des demoiselles".







De 1815 à 1848, les Bourbons règnent à nouveau sur la France : c'est la Restauration. A la suite de l'effondrement de l'Empire, écrasé par les souverains de la vielle Europe, Louis XVIII ( frère de Louis XVI ) monte sur le trône et tente d'établir un compromis entre les traditions de l'Ancien Régime et les aspirations de la France nouvelle, Charles X, qui le remplace en 1824, continue la même politique.

C'est dans ce cadre qu'est mis en place le Code Forestier de 1827 : loi votée le 27 mai par le gouvernement. "Le Code impose une nouvelle réglementation de l'usage des forêts, en particulier concernant le ramassage du bois, les coupes et surtout le pâturage désormais Mis en défens ( interdit )" , le droit de marronage ( exploitation du bois de construction ) , et les droits de chasse, de pêche et de cueillette, sont aussi remis en cause.
Concrètement, dans le Couserans, l'application de ce Code se fait à partir de 1829 : l'état a laissé deux années aux communautés de vallées pour faire appliquer la loi, depuis son vote.


Le nombre de verbalisations et de saisies de troupeaux en délit se multiplient, à partir de cette date : les procès verbaux passent de 200 en 1825, à 1000 en 1829. La population ne peut supporter ces interdictions, car elle a toujours utilisé ces espaces quelqu'en soit les propriétaires, et elle est surtout dépendante de ces utilisations séculaires.


Le zèle des gardes Forestiers semble accentuer l'injustice ressentie par les habitants de ces vallées couserannaises surpeuplées et pauvres. Un commandant de Gendarmerie écrit dans une conclusion de rapport sur les troubles de 1829 :


" … cet état de chose de la part des paysans vis à vis des gardes forestiers est attribué
A l'extrême besoin où se trouve les habitants de ce pays d'avoir des pacages pour leurs bestiaux qui forment toutes leurs existences. la cupidité vraiment coupable des agents inférieurs de l'administration forestière qui journellement composent avec leurs devoirs en faisant contribuer illicitement les paysans, et verbalisent contre eux;
C'est du moins ce qui m'a été assuré sur les lieux par plusieurs notables du païs"2


A suivre: le deuxieme épisode : la revolte

22 septembre 2009

La legende des sabots de Bethmale

Une bien belle histoire d'Amour, et une belle legende





A la fois une legende et un vieux metier en Ariege


Les Maures envahirent le Midi de la France et surtout les Pyrénées au IXème siècle. Ils occupèrent la vallée de Bethmale sous la conduite de leur chef "Boabdil". Le fils du chef s'éprit de la plus jolie fille du val. Elle s'appelait "Esclarlys", ce qui signifie "teint de lys sur fond de lumière". Esclarlys était déjà fiancée au pâtre chasseur d'isards "Darnert".

Ce dernier s'était retranché dans la montagne avec ses compagnons pour organiser une vengeance.
Darnert déracina deux noyers dont la base formait un angle droit avec les racines. A l'aide d'une hache et d'un couteau, il tailla et creusa une paire de sabots (esclops) ayant la forme d'un croissant de lune avec une longue pointe effilée comme un dard.


Puis un jour, les pâtres, Darnert à leur tête, firent retentir les "hillets" et livrèrent un rude combat d'où ils sortirent vainqueurs. Puis ils défilèrent dans le village. Darnert, chaussant ses sabots à longues pointes, avait accroché le coeur de la bethmaliase infidèle à gauche et celui du Maure à droite.
Depuis ce temps-là, le soir de Noël, le fiancé offre à sa fiancée une paire se sabots à longues pointes, habillés de cuir et richement décorés de pointes dorées dessinant un coeur (sur le dessus du sabot). Il offre aussi une quenouille rouge et un fuseau, le tout fabriqué avec tout son amour -- plus la pointe des sabots est longue, plus l'amour est ardent. En retour, la fiancée lui offre un tricot en laine brodé de velours et une bourse empanachée de rubans, de paillettes ou de jais.




Vous pouvez admirer ces sabots et les costumes traditionnelles des Bethmalais au musée de l'Ariège dans le Palais des Eveques à St-Lizier.








Pascal Jusot dernier sabotier de l'Ariege
http://www.artisan-bois-sabots.fr/page_std.php?lang=fr&rub=3
prochain episode, la guerre des demoiselle ,une drole d'aventure

21 septembre 2009

L'Industrie de la corne en Ariége

L’industrie du peigne en corne, connue en Pays d’Olmes au XVeme siècle, fut à l’origine une industrie du bois puisque la matière première était le buis.

Quand le buis local s’épuisa au XVIIIeme siècle, on en importat mais on fit appel à la corne ; sous la Restauration, on fabriquait encore quatre fois plus de peigne en buis que de peignes en corne.




Les centres en était le Mas d’Azil et la Bastide sur l’Hers ; le second seul survécut jusqu’à nos jours.




On n’utilise plus depuis longtemps que la corne, importée d’Argentine ou d’Australie. Les cornes sont découpées et on selectionne la partie centrale, le biscage. Le biscayeur la chauffe, la découpe en spirale, l’ouvre et la passe en presse. On trace ensuite dessus la forme des peignes avec un poinçon, on les découpe à la scie circulaire puis on découpe la denture.




La trace des meulages effectuées après chaque opération est effacée par le ponçage : on trempe le peigne dans dans un bain de boue contenant de la pierre ponce puis on les passe sur une meule recouverte de gros drap et on les polit sur une meule recouverte de peaux.


Ce fut longtemps un travail effectué à domicile pour le compte de fabricants avant que la mécanisation ne change la donne.


Vers 1950 le Pays d’Olmes fournissait 80% de peigne en corne français.


Il reste à ce jour un seul fabricant de peigne en corne traditionnel en Ariège : l’entreprise Azema Bigou


avec l'aide du site Aina .com




18 septembre 2009

Les montreurs d'Ours de Ercé (fin)

Fin de l'histoire de ces montreurs d'Ours qui de Ercé dans l'Ariege ont voyagés dans le monde entier avec leurs ours, une fabuleuse aventure à l'époque




Deux générations de montreurs d’ours se succèdent sur les routes d’Europe suivant les pas des colporteurs dans leurs déplacements saisonniers:


d’abord jusqu’en 1863, les montreurs d’ours écument les deux versants du piémont pyrénéen puis, à partir de 1870 ils embarquent de Liverpool pour l’Amérique, avec pour tout bagage une carte des chemins de fer du pays.




Les lettres qu’ils envoient à la famille restée au Pays sont souvent émouvantes car ces ariégeois n’ont jamais quitté leur vallée et ils se retrouvent sur un vaste continent inconnu avec pour tout compagnon de fortune leur ours.


Après la première guerre mondiale, une nouvelle vague d’émigration d’ariégeois venant de Cominac, Ercé et Aulus se destine davantage aux métiers de la restauration ou de l’hôtellerie et se concentre plus volontiers sur la côte Est, à New York: on les appelle «les américains d’Ercé».


De ce pittoresque bataillon on retient surtout le nom de René Pujol, arrivé avec ses parents dans les années 1935 à Manhattan où il ouvre dans les années 50 sur la 48e Avenue son fameux restaurant «Les Pyrénées» mais on peut également évoquer «La pierre au tunnel», «Le Biarritz», «La Pergola des Artistes» ou «Le Grenadin» tous tenus par des ariégeois de la vallée du Garbet.


Ils aiment se retrouver pour jouer à la pétanque et se donnent souvent rendez-vous dans Central Parc devant le rocher qu’ils ont baptisé en hommage à leurs ancêtres montreurs d’ours: le roc d’Ercé.


Au début il s’agit d’une émigration temporaire et fortune faite, chacun, sauf exception revient au pays.


Aujourd’hui on ne les voit guère que pendant les vacances. Il en est ainsi pour René Pujol que l’on peut rencontrer tout simplement dans son petit village des Pyrénées ariégeoises.


Mais cette émigration a marqué la vallée. Actuellement encore, rares sont les habitants d’Ercé ou des environs qui n’ont pas de parents aux Amériques…
Pour en savoir plus: le site d'ariege.com
la prochaine fois : l'industrie de la corne en Ariége

08 septembre 2009

Les montreurs d'ours de Ercé (épisode 2)







le dressage





Pourtant les ariégeois de la vallée du Garbet ont davantage l’habitude de chasser que de dresser l’ours à qui l’on attribue des pouvoirs magiques… mais ces orsalhers, au début produits de la misère d’une époque, sont vite très fiers de cette nouvelle activité bien qu’ils vivent le plus clair de leur temps sur les routes et dorment avec leur ours dans des granges ou à la belle étoile.

Ils gagnent à l'époque plus qu’un instituteur, soit 4000 francs par an.Si bien que dans le hameau de Cominac ils font édifier une petite église.

Le 6 mars 1906, alors que le percepteur et ses adjoints décident, dans le cadre de la loi de séparation de 1905, de venir faire l’inventaire des biens mobiliers de cette petite paroisse, l’abbé Pascal Mirouze accompagné de quelques montreurs d’ours et de leurs animaux fétiches, leur en interdisent l’entrée!

Jusqu’en 1860 les orsalhers capturent les oursons des Pyrénées puis face à la raréfaction de cette espèce massivement éradiquée par les chasseurs, ils doivent ensuite les faire venir d’Europe centrale par voie maritime du port d’Odessa à celui de Marseille.

A l’âge de 6 mois on commence à enchaîner ces oursons et la technique de «la ferrade» consiste à faire placer par un forgeron qui fait la tournée des villages un anneau métallique dans le museau des animaux.

Ensuite une muselière complète ce système de sécurité et le dresseur apprend en quelques mois à «Martin» déjà socialisé les quelques tours qui feront le succès de son spectacle.

Deux générations de montreurs d’ours se succèdent sur les routes d’Europe suivant les pas des colporteurs dans leurs déplacements saisonniers: d’abord jusqu’en 1863, les montreurs d’ours écument les deux versants du piémont pyrénéen puis, à partir de 1870 ils embarquent de Liverpool pour l’Amérique, avec pour tout bagage une carte des chemins de fer du pays.

(merci au site Le Pelidou pour son aide)

A suivre: Pour les montreurs d'ours, la vie sauve vers les ameriques