Très rarement ma mère me donnait l’autorisation d’aller voir la télé au bistrot chez « Nine » à la Mouline. Je me précipitais vers le café en espérant, en priant plutôt que la télé soit allumée sur la 2. Vers 14 heures je me pointais hypnotisé par son magnétique regard noir et blanc, je m’asseyais par terre, pour ne pas gêner, parfois même sous une table. Les émotions, il fallait se les garder dans la poche, ou s’émerveiller pas trop fort, pas plus encourager Rintintin. Je me faisais tout petit. Je la dévisageais dans les vapeurs de pinard, les brumes de tabac gris roulé, et les ralliements des joueurs de belotte qui tapaient le carton, ponctué de « millaudiou » sonores et de dépits.
- Atout ! Belotte ! Rebelote ! Et dix de der ! » Ils régnaient en maître de la salle.
Avec juste les images qui défilaient devant moi, je découvrais enfin les épisodes de Rintintin et Rusty, les Ivanoë avec Roger Moore qui deviendra le Saint, et James Bond. L'Aigle Noir, Winitou, les Thierry la Fronde, avec Jean Claude Drouot je pense, et avec Yves Régnier et autres globe-trotters que nous imitions les jours suivants dans la campagne, et les forêts entourant le village.
Lorsque je ressortais de ces séances de télé vinasse, j’avais les yeux rougis par la nicotine et la fixité du regard.Regard qui mettait une éternité à reprendre la vision normale des choses. Au moins jusqu'au retour à la maison, où je me faisais gronder par ce que mon pull et mes cheveux sentait affreusement mauvais. Je préférai me taire pour ne pas risquer d’être privé de télé pour les dimanches à venir. Elle aussi me tenait en laisse avec ce maudit outil de pression. Il suffisait de me promettre de m’en punir pour que soudainement je redevienne l’enfant docile que je tentais désespérément de sacrifier.
Il arrivait souvent que la télé soit branchée sur des émissions pour grands. Le tiercé, où bien sur Roger Lanzac, je ne l’ai pas aimé lui qui me privait de mes dimanches. J’attendais un peu et je repartais errer dans les rues, encore plus triste qu’avant. Il est 14 heures, les rues sont désertes, les mioches se plongent devant leur télé. Personne ne m’a invité. J’entends le générique du film ! Et merde !……………………
Je suis seul dans la rue. J’enrage d’être pauvre.
- Atout ! Belotte ! Rebelote ! Et dix de der ! » Ils régnaient en maître de la salle.
Avec juste les images qui défilaient devant moi, je découvrais enfin les épisodes de Rintintin et Rusty, les Ivanoë avec Roger Moore qui deviendra le Saint, et James Bond. L'Aigle Noir, Winitou, les Thierry la Fronde, avec Jean Claude Drouot je pense, et avec Yves Régnier et autres globe-trotters que nous imitions les jours suivants dans la campagne, et les forêts entourant le village.
Lorsque je ressortais de ces séances de télé vinasse, j’avais les yeux rougis par la nicotine et la fixité du regard.Regard qui mettait une éternité à reprendre la vision normale des choses. Au moins jusqu'au retour à la maison, où je me faisais gronder par ce que mon pull et mes cheveux sentait affreusement mauvais. Je préférai me taire pour ne pas risquer d’être privé de télé pour les dimanches à venir. Elle aussi me tenait en laisse avec ce maudit outil de pression. Il suffisait de me promettre de m’en punir pour que soudainement je redevienne l’enfant docile que je tentais désespérément de sacrifier.
Il arrivait souvent que la télé soit branchée sur des émissions pour grands. Le tiercé, où bien sur Roger Lanzac, je ne l’ai pas aimé lui qui me privait de mes dimanches. J’attendais un peu et je repartais errer dans les rues, encore plus triste qu’avant. Il est 14 heures, les rues sont désertes, les mioches se plongent devant leur télé. Personne ne m’a invité. J’entends le générique du film ! Et merde !……………………
Je suis seul dans la rue. J’enrage d’être pauvre.


.jpg)
.jpg)